Traitement de la douleur chronique | Une avancée prometteuse

2011-12-13

Une nouvelle classe d’agents thérapeutiques pour le traitement des douleurs chroniques : les chimiokines

Les récents travaux de l’équipe Philippe Sarret, Ph. D.de Philippe Sarret, Ph. D. ont permis de démontrer que la chimiokine CCL2, libérée au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière, influençait directement la transmission des informations douloureuses et participait ainsi activement au développement des douleurs chroniques d’origine neuropathique.

Cette découverte pourrait avoir un impact important dans le traitement des douleurs chroniques.


Jusqu’à présent, le mécanisme des chimiokines était mal compris. Ces résultats sont publiés aujourd’hui dans la revue Journal of Neuroscience.


Lien vers la publication |

> The Chemokine CCL2 Increases Nav1.8 Sodium Channel Activity in Primary Sensory Neurons through a GBy-Dependent Mechanism

Que sont les chimiokines?

Les chimiokines sont de petites protéines appartenant à la famille des cytokines inflammatoires dont le rôle principal est l’attractivité et l’activation des cellules du système immunitaire.

Au cours des dernières années, il a été démontré que les chimiokines ainsi que leurs récepteurs intervenaient, aussi bien en conditions physiologique que pathologique, dans la communication neuronale au sein du système nerveux central.

Les chimiokines s’inscrivent désormais, tant au niveau périphérique que central, comme des modulateurs de l’information nociceptive, établissant ainsi un lien direct entre les systèmes immunitaires et nerveux.

« Les chimiokines agissent comme des acteurs clés dans la communication entre le système immunitaire et le système nerveux central. En condition de douleur chronique, elles permettent notamment l’établissement d’un dialogue entre les cellules neuronales et les cellules gliales dont le rôle bien connu est d’assurer le soutien et la nutrition des neurones. »
Philippe Sarret, Ph.D. | Chercheur spécialisé en neurosciences

Les chimiokines sont également connues pour leur participation active à l’établissement de métastases au niveau de l’os.

Elles orchestrent notamment toutes les étapes conduisant du site primaire qu’il s’agisse du cancer du sein ou de la prostate jusqu’à l’implantation de la tumeur au sein de l’os.

« Dans ce contexte, l'inhibition de l’action des chimiokines pourrait avoir une double action : enrayer le développement des métastases osseuses et enfin traiter les douleurs chroniques cancéreuses. »

Dans la continuité de ses travaux, l’équipe de Philippe Sarret a également élucidé par quel mécanisme la chimiokine CCL2 module la transmission nociceptive associée aux douleurs chroniques.

Elle est en effet capable de moduler l’ouverture des canaux ioniques présents sur les neurones sensorielles primaires.

« Nous avons en particulier pu établir que l’inhibition de la liaison de CCL2 à son site récepteur CCR2 conduisait à une diminution importante de la douleur. »

Philippe Sarret, Ph.D. |

  • Chercheur au Centre de recherche clinique Étienne – Le Bel du CHUS
  • Professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS

 

 

 

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